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La rivière Sainte-Anne est un des joyaux que constituent les rivières à saumon de la Gaspésie. "La Sainte-Anne", comme on l'appelle, s'étend sur 70 km de son embouchure bordant le fleuve St-Laurent jusqu'au lac Sainte-Anne plus au sud. Cette rivière coule vers le nord aux pieds des hauts sommets des Chic Chocs et traverse le parc de la Gaspésie. Cette situation géographique assure à "la Sainte-Anne" une eau de qualité exceptionnelle pour sa limpidité et sa fraicheur.
Le saumon de l'Atlantique fréquente la rivière jusqu'à la chute Sainte-Anne à 50 km en amont et colonise quelques tributaires. La présence du saumon de l'atlantique dans "la Sainte-Anne" a été une des principales raisons ayant justifié la création du parc de la Gaspésie. Effectivement, un des quatre objectifs de base était "d'assurer la conservation constante du saumon de la rivière Sainte-Anne".
La pêche au saumon est pratiquée sur la Sainte-Anne depuis des siècles. Jusqu'à la moitié du 19e siècle, la pêche servait à la subsistance des autochtones et des européens ayant colonisé la Gaspésie. De 1870 jusqu'en 1967, le contrôle de la pêche sur la Sainte-Anne fut cédé par le gouvernement québécois successivement à de riches particuliers et à des clubs privés. L'établissement des "concessions privées" sur les rivières à saumon au 19e siècle répondait à un besoin de protection de la ressource et fut facilité par l'émergence comme loisir, de la pêche sportive dans la communauté d'origine anglo-saxonne d'Amérique du Nord.
Les informations différent à ce sujet, mais selon certains, c'est en 1870 que la rivière Sainte-Anne fut pour la première fois "louée" à un certain Henry Hogan, hôtelier de Montréal. Il en possédera les privilèges jusqu'en 1904. À partir de là se succèderont un groupe d'hommes (pour la plupart des officiers) de Grande-Bretagne de 1905 à 1906; un dénommé Percy Chubb de 1906 à 1930; son neveu Hendon Chubb de 1930 à 1935; Maurice Wertheim de 1935 à 1950 et finalement son épouse Cécile Wertheim de 1950 à 1968.
En 1969, le gouvernement québécois reprend le contrôle de la pêche sur "la Sainte-Anne" et rend celle-ci plus accessible au public. En 1993, dans le mouvement de délégation vers les milieux locaux et régionaux, la gestion de la pêche et d'autres activités liées à la rivière Sainte-Anne sont confiées à un organisme du milieu local, l'Association Chasse et Pêche Gaspésienne Inc. de Sainte-Anne-des-Monts devenue Destination Chic-Chocs en 1999. Cette association pilote la restauration des habitats et des infrastructures et la diversification des activités liées à la rivière Sainte-Anne. Ce travail s'inscrit entièrement dans une perspective de développement durable, c'est-à-dire qu'il favorise des activités et des interventions respectant la diversité et la durabilité des ressources naturelles.















